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Lune rouge

Images et mots d'un monde superbe et féroce

Gaston Couté (1880-1911)

Publié le 30 Novembre 2009 par Macco Argiolas in Poésie, Grands auteurs, Gaston Couté

Difficile de citer un poème de Couté sans devoir parler de son auteur. Poète libertaire et paysan né en 1890 dans le Loiret (région Centre) son œuvre en français et en patois est aussi brillante qu'inconnue. Les spécialistes de la poésie le connaissent, les habitants du Centre aussi, qui ont souvent dans leur enfance été forcés à l'école d'apprendre au moins un poème de ce gaillard qui détestait l'école...
Intéressant de relever (je l'ai lu quelque part) qu'il aurait été un des inspirateurs de Brassens. Les thèmes principaux abordés par Couté sont les injustices sociales (la misère dans les campagnes et l'écart entre riches et pauvres), la campagne en général (son dépeuplement, beaucoup partant chercher un hypothétique bonheur à la ville, les conditions de vie, les bals, les filles qui se retrouvent engrossées entre deux vignes...), la révolte (contre le conformisme bourgeois, l'armée, l'Église, l'école et le système électoral républicains...) et l'amour aussi bien sûr.
La manière de parler de l'amour de Couté a de particulier le fait qu'elle est crue, sans artifice (il est loin du romantisme ou des clichés mielleux de la culture hollywoodienne d'aujourd'hui) et souvent cruelle. On s'aime, on ne s'aime plus, on en souffre, parfois on en meurt, mais quand on y survit la vie continue.
Il a quitté très tôt l'école pour fonder un journal publiant ses poèmes. Il aurait fait ses tournées à pied dans les villages, disant ses textes. Ce n'est que bien plus tard que certains ont été mis en musique ou popularisés - entre autres par Gérard Pierron, Marc Robine, Marc Ogeret, Pierrot Noir, Rémo Gary, Bernard Lavilliers, La Tordue, Loïc Lantoine....
Il tentera sa chance lui aussi à Paris où il vivra dans la misère, disant ses textes contre un café-crème. Remarqué par Jehan Rictus, poète ouvrier qui le fait engager aux Funambules, il a du succès mais mène une vie de bohème, allant dire ses poèmes aux ouvriers et faisant paraître ses textes sociaux dans le journal anarchiste La Guerre Sociale.
Il est mort en 1911, dans le dénuement et sur un lit d'hôpital, à 31 ans.
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