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Lune rouge

Images et mots d'un monde superbe et féroce

Bernard Joyet rit de la Bible et de l'amour romantique

Publié le 18 Février 2008 par Macco Argiolas in Poésie, Grands auteurs, Chanson, Bernard Joyet, Paris

Bernard Joyet rit de la Bible et de l'amour romantique
J'avoue avec regret que je ne connaissais pas Bernard Joyet avant.
Ce joyeux luron qui porte bien son nom (Joyet = joyeux) aurait pu être un des sept nains de Blanche-Neige s'il n'était pas auteur- interprète. La soixantaine, l'oeil pétillant, la joue tendre et la fesse rebondie, j'ai surtout couru le voir au Limonaire pour découvrir celui à qui Francesca Solleville avait emprunté "On s'ra jamais vieux".
Il a l'air tellement sympathique qu'on lui donnerait le bon Dieu sans confession...
Le "bon Dieu", il en parle justement dans "Ma Bible", une critique littéraire décapante du texte sacré. Dans "Mayerling" il tire à gros boulets sur l'amour romantique, ses clichés, son mariage :
 
"Nos divergences sont si pures
Et nos conflits si généreux
Vivons ensemble et je te jure
Que nous serons très malheureux..."

Dans "Princesse" il en remet une couche, s'attaquant au mythe du prince charmant pour le mettre en scène alcoolique et vomissant dans les toilettes. Joyet est un humoriste, il raconte des conneries sans s'arrêter avec une énergie d'enfer. Et même quand il est sérieux il ne peut pas s'empêcher de rire ! Je me suis bidonné du début à la fin. Mais si sa présence scénique tient en haleine, si son humour fendard et son esprit le rendent aussi touchant que drôle, son spectacle ne serait pas aussi réussi sans la complicité de Nathalie Miravette. Bien plus que l'accompagner au piano et aux chants, elle participe aux sketchs avec lui.
Dans "Lucy" il nous raconte l'histoire de cet ancêtre de l'humanité en titillant l'éternelle morale des bien-pensants, dans "Le gérontophile" il met le doigt sur un tabou :
 
"Viens mémé, mémé, Viens mémère !
Le temps fait du bien à l'affaire !
J'aim' ce grain d'sel dans tes cheveux..."

J'ai le souvenir d'une seule chanson grave, qui parle de la guerre, "Verdun", dans laquelle il compare les humains à des insectes. En fait j'ai l'impression que pour lui presque toutes ses chansons sont prétexte à rire (même et surtout les sujets qu'on a l'habitude de voir avec gravité : la mort, la vieillesse, la maladie, l'Amour), à faire part de sa vision amusée, coquine et sans tabou de ses contemporains et de la vie en général. Un beau souffle libertaire.
Bernard Joyet est un libertin au sens noble.
Il a déjà sorti 2 CD (un 3e est en souscription) et un DVD de son spectacle.
Il a un site internet sur lequel on peut l'écouter et le voir interpréter certaines de ses chansons :
http://www.bernardjoyet.com/audio.html
Il a travaillé avec Juliette (elle a écrit la musique de certains de ses textes et en a chanté). Anne Sylvestre, assise à la table à côté de la mienne, a rigolé du début à la fin du spectacle. Décidément il vient du beau monde au Limonaire...
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